Le modèle français : quelle pertinence face à la crise ?
La revue Alternatives Economiques dans son N° 282 (juillet-aout 2009) consacre sa rubrique “l’évènement” au modèle français en titrant : “le modèle français à l’épreuve de la crise”
- Comment le modèle français est-il pertinent face à la crise ?
- Quels sont les mécanismes qui permettent à la France de souffrir un peu moins de la crise que ses voisins ?
- l’industrie française est elle en danger ?
CE QUE L’ON PEUT RETENIR DE CE DOSSIER :
- La récession est profonde dans l’hexagone et le chômage s’accroit fortement,
- les effets de la crise sont tout de même un peu moins marqués en France, grâce à une consommation qui ne fléchit pas,
DES CARACTERISTIQUES STRUCTURELLES FAVORABLES :
Certaines caractéristiques structurelles liées au modèle français contribuent à expliquer la relative résilience de notre économie face à la crise :
- le poids important des mécanismes de redistribution (qui participent à la stabilisation des emplois et des revenus),
- la structure des finances des ménages (les français épargnent beaucoup et sont moins endettés qu’ailleurs),
- le poids limité de l’activité industrielle et le caractère faiblement exportateur de l’économie française,
UNE DEMANDE INTERIEURE QUI BAISSE MOINS VITE QUE CELLE DE SES VOISINS :
- la demande intérieure résiste mieux qu’ailleurs (baisse limitée à 0,7%, hors effet de la variation des stocks), alors qu’elle sera de 2% en Allemagne, 3,5% au Royaume-Uni ou encore 4,9% en Espagne,
- l’investissement, celui des ménages (dans l’immobilier) et des entreprises (en machines, locaux, etc…) devrait diminuer de 5,9% : c’est beaucoup, mais c’est deux fois moins que dans l’ensemble de la Zone Euro ( baisse moyenne de – 10,4%),
- une démographie dynamique (la population française devrait croître de 0,5% en 2009), avec croissance de la population qui s’explique essentiellement par le dynamisme de la fécondité,
- le dynamisme démographique contribue notamment à soutenir la consommation des ménages et la demande de logements.
UNE ACTION PUBLIQUE QUI AMORTIT LES CHOCS :
- Les mécanismes de redistribution, très développés en France, stabilisent la situation économique,
- les dépenses publiques (environ 55,6% du PIB en 2009) sont pour l’essentiel redistribuées aux citoyens par le biais notamment des prestations sociales,
- les dépenses publiques ont très peu augmenté au cours de la crise (+3,8%),
- l’emploi public joue également un rôle de stabilisation important car il ne suit pas les cycles économiques,
- la France est parmi tous les grands pays européens, un de ceux qui a le moins utilisé le levier de l’emploi public pour lutter contre la montée du chômage entre 2007 et 2009 (le poids des salaires publics s’est peu accru : + 04% dans le PIB),
- selon la Commission Européenne la part des recettes publiques ne diminuerait que de -0,6% en France,
LE POIDS LIMITE DE L’ACTIVITE INDUSTRIELLE :
- La chute spectaculaire de la production industrielle et des exportations de biens touche plus fortement les pays où l’industrie pèse le plus lourd,
- en France l’industrie manufacturière ne représente plus que 12,1% du PIB (en 2007),
- les exportations ne représentent dans l’Hexagone que 23% du PIB et compte tenu de ce poids relatif des exportations, la baisse prévue aura moins d’incidence sur l’activité, chez nous que chez nos voisins,
- pour les importations, compte tenu de la bonne tenue de la demande intérieure française, celà devrait se traduire par une baisse de seulement 7%.
Source : Alternatives Economiques N° 282
EN SAVOIR PLUS :
Le site Alternatives Economiques : http://www.alternatives-economiques.fr/




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