Changer l’image des quartiers de la Politique de la Ville dans les médias : l’avis du CNV
Le Conseil National des Villes (CNV) vient de publier un avis (adopté lors de son assemblée générale du 10 février 2009) concernant le “Rôle des médias dans l’image des quartiers de la politique de la ville“.
Dans cet avis relatif au traitement de l’image des banlieues et des quartiers relevant de la politique de la ville, le CNV estime que, si ce sujet n’est pas nouveau, “il y a urgence à traiter cette question au regard de la mise en place d’une Nouvelle Politique de la Ville par l’Etat, d’une télévision publique en pleine réforme et d’un contexte de fortes évolutions technologiques“.
Dans ce contexte, un groupe de travail a été mis en place au mois de mai 2008 qui a entendu des professionnels des médias et de la communication des villes, des responsables associatifs, des représentants des diverses institutions préoccupés par cette question.
LE CONSTAT : une image dévalorisante, un handicap majeur,
- l’image de violence, de dégradation et “d’étrangeté” des quartiers de la Politique de la Ville est une composante de leurs difficultés (rôle essentiel dans les discriminations, renforcement de la stigmatisation, facteur aggravant des problèmes, handicap supplémentaire pour les politiques qui y sont menées, contribution à l’enfermement sur un monde ou on ne voie guère d’espoir, sentiment pour l’opinion française qu’il s’agit de “mondes à part”),
- Les médias et, d’abord, la télévision, ont une responsabilité majeure dans la construction de la pérennité de cette image (les initiatives pour montrer un image positive des quartiers ne résistent pas aux images de violence, de dégradations et “d’étrangeté” trop souvent transmises notamment par les journaux télévisés qui font des gros titres du type “la banlieue brûle toujours”, “la guérilla des banlieues”, “banlieues, ça recommence”…).
LE CONTEXTE : une multiplicité d’acteurs, des contraintes réelles :
- l’évolution du métier de journaliste et le manque de diversité socioprofessionnelle des rédactions (l’évolution de la presse écrite conduit les journalistes à tratier avec de moins en moins de temps des sujets de plus en plus complexes, et on du mal à traduire la complexité de la ville, peu de journalistes issus des banlieues sont présents dans les rédactions, ce qui semble prédominer c’est “un journalisme et une culture de centre-ville”, les habitants ou certains représentants associatifs craignent une déformation ou une récupération de leurs témoignages par la presse écrite),
- Les insuffisances et les difficultés des émetteurs (3 types de problèmes) :
- insuffisance de l’interpellation des médias (par tous ceux qui travaillent dans les territoires de la politique de la ville,
- absence d’un lieu porteur d’une parole forte sur la banlieue (atomisation des initiatives liée à la multiplicité des émetteurs),
- contradictions inhérentes à une communication sur les quartiers relevant de la politique de la ville (il faut à la fois mettre en lumière les difficultés des banlieues en évoquant des réalités peu attirantes et en même temps souligner la richesse des initiatives, et la perspective d’un mieux être),
- Le nouveau contexte juridique et technique :
- l’explosion du nombre des émétteurs sur le web (représentation partielle ou partiale de la réalité des quartiers, mais aussi possibilité d’utiliser des outils de communication réactifs),
- la multiplication des médias “des quartiers” (initiatives communautaires, blogs personnels, médias généralistes issus des quartiers qui ont pour la plupart des modes de financement précaires),
- l’essor, à court terme, des télévisions locales (développement du numérique),
- la nécessité, pour les “grands” médias de faire face à la concurrence de tous ces nouveaux médias de proximité,
- la suppression de la publicité sur la télévision publique devrait permettre l’opportunité de développer une information plus complète sur les problèmes et notamment ceux des quartiers en difficultés et de leurs habitants,
LES PRECONISATIONS : pour un plan d’action “Média-Banlieues” : Le CIV souhaite organiser différents types d’initiatives en un dispositif fort et cohérent structuré autour de 5 groupes d’actions indissociables :
- faire émerger avec foce ce problème de l’image médiatique des quartiers en difficulté dans le débat public,
- entamer avec les médias un travail de fond s’inscrivant dans la durée,
- prendre les décisions nécessaires pour provoquer un changement visible à l’antenne,
- susciter une action volontariste des acteurs locaux en direction des médias (informations, témoignages, thèmes d’emissions, accompagnement dans l’élaboration d’un nouveau regard sur les quartiers en difficulté),
- considérer que cette entreprise pour faire évoluer l’image des quartiers doit s’inscrire dans la durée et qu’une autorité publique doit être le garant de la poursuite de l’effort entrepris.
SOURCE : Site de la Délégation Interministérielle à la Ville : http://www.ville.gouv.fr/
EN SAVOIR PLUS :
Avis sur le Rôle des Médias dans l’Image des Quartiers de la Politique de la Ville : http://www.ville.gouv.fr/IMG/pdf/CNV_avis_media_20-02-09-_cle5829a2.pdf




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